Chapelle de Tous-les-SaintsValère - Détail de la voûte du choeurChâteau de TourbillonValère et Tourbillon au crépusculeSion en hiver by nightChoeur de la basilique de Valère - Détail de la voûteChâteau de TourbillonValère - Détail d'un chapiteauMaison Supersaxo - PlafondSion en hiverChâteau de TourbillonValère - Orgue du 15ème (détail du buffet)Valère - Adoration des Mages (détail)Châteaux de Valère et TourbillonFêtes médiévalesValère et Tourbillon - Vieille-villeValère et TourbillonSion ville en fêteSion ville en fleurs

Saison 2018

Florilège de musique anglaise,
du 14ème au 20ème siècle




So British



Parmi les principales nations qui ont forgé l’identité culturelle européenne, l’Angleterre occupe dans l’histoire de la musique une place tout à fait singulière : son apport global en la matière semble se situer clairement en retrait par rapport à celui de l’Italie ou des pays germaniques, et s’efface même devant les contributions française ou russe. Le fait est d’autant plus étonnant quand on pense à la place occupée par les Îles Britanniques en matière de littérature, de beaux-arts ou, naturellement, de sciences.

Encore convient-il de distinguer selon les époques : très faible pour la période classique et romantique, le rayonnement des compositeurs d’Outre-Manche est majeur au contraire pour la Renaissance, et significatif pour le XXe siècle. Cette destinée assez impénétrable de la musique anglaise est un fait qui a toujours interrogé les historiens, et pour lequel aucune explication satisfaisante n’a jusqu’ici pu être avancée. Toutefois, si un Händel, un Dowland, un Purcell ou un Elgar méritent amplement qu’on leur consacre un festival, ces artistes (et quelques autres de la même célébrité) ne doivent pas nous dissimuler que, pour celui qui souhaite aller au-delà des clichés, il existe une riche mine de musique anglaise méconnue : de savoureuses découvertes seront facilement à notre portée. Ainsi de la musique médiévale, moins innovante que l’Ars nova de Machaut ou de Landini, mais riche d’avenir par la plénitude harmonique qui la caractérise ; ainsi de plusieurs auteurs du XXe siècle, qui complèteront les contributions essentielles des Britten et Vaughan Williams – notamment sur le plan de la musique chorale, relativement peu importante chez les compositeurs continentaux contemporains (Poulenc, dans ce contexte, fera plutôt figure d’exception) ; ainsi, enfin, de petits maîtres baroques, et même de quelques figures injustement oubliées de l’âge victorien comme Michael Balfe, William Vincent Wallace ou George Macfarren.

Au moment même où Haydn, Beethoven, Mendelssohn, Brahms et Dvorák faisaient les belles heures des soirées londoniennes, l’Angleterre s’affirmait comme la première puissance industrielle et militaire du monde ; son empire planétaire semblait s’accommoder de la faible attention accordée aux compositeurs autochtones. Cette apparente contradiction pourrait être lue dans une perspective éminemment moderne, et l’on pourrait être tenté d’y voir une première illustration du fameux concept de « société globalisée » dont il est tant question aujourd’hui. Mais malgré cette étonnante flambée de cosmopolitisme, la tradition anglaise aura su perdurer, particulièrement dans la musique chorale ; elle nous relie aux sources médiévales de la polyphonie, et tisse le fil rouge d’une histoire riche autant que déroutante.

Vincent Arlettaz, musicologue – rédacteur en chef de la Revue Musicale de Suisse Romande