Estelle Poscio, soprano – Collectif baroque 7 Sed Unum2019-02-14T11:07:55+00:00

Estelle Poscio
&
le Collectif baroque 7 Sed Unum
 

10 novembre 2019

Airs d’opéra et pièces diverses pour soprano et orchestre

Un aperçu du rôle de Vivaldi dans l’histoire de la musique occidentale
Antonio Vivaldi a exercé une influence capitale sur l’évolution de la musique préclassique. Avec quelques autres, il a imposé, sinon inventé de toutes pièces, la forme du concerto de soliste, contribué puissamment à l’élaboration de la symphonie, donné au théâtre et à l’Eglise catholique des œuvres dont on commence seulement à mesurer la véritable importance.Son retour à la lumière est un des phénomènes les plus curieux et les plus troublants de l’histoire de l’histoire musicale des temps modernes. De son vivant, célèbre, admiré de l’Europe entière, il était tombé brusquement, à l’extrême fin de sa vie, dans un oubli si profond que sa mort passa inaperçue et que pendant un siècle son nom disparut, même dans sa patrie, des histoires et recueils biographiques. Il dut sa résurrection à celle de Bach, au milieu du 19èmesiècle, lorsqu’en inventoriant les manuscrits du Cantor on retrouva les copies et transcriptions qu’il avait faites d’originaux vivaldiens restés jusqu’alors ensevelis sous la poussière des bibliothèques. Longtemps mésestimée, l’originalité créatrice de Vivaldi fut révélée au début du 20èmesiècle par les travaux de Marc Pincherle, d’Arnold Schering, de l’Accademia Chigiana et d’Olga Rudge, puis, dès la fin de la Seconde Guerre mondiale, par la colossale édition intégrale de la musique instrumentale par l’Istituto italiano Antonio Vivaldi dans la révision de Malipiero.Le tricentenaire de sa naissance donna ensuite une impulsion nouvelle aux recherches sur ce compositeur de génie, dont la musique d’église et le répertoire lyrique (opéras et cantates notamment) sont désormais systématiquement explorés et font l’objet d’une édition critique chez l’éditeur milanais Ricordi.

La Verità in Cimento , opéra créé à Venise le 27 octobre 1720 au Teatro Sant’Angelo, marque l’apogée des opéras de jeunesse de Vivaldi. Œuvre riche et novatrice, elle incarne l’idéal musical et dramatique du compositeur, à mi-chemin entre ses audacieux premiers essais vénitiens des années 1710 et les chefs-d’œuvre de la haute maturité des années 1730.Placée sous le double signe de la reconquête et du scandale, cette truculente turquerie fut conçue par son auteur comme fer de lance de sa reprise en mains des scènes de Venise, après trois longues années passées à Mantoue. Fort de ses dix ans d’expérience dans le monde de l’opéra, Vivaldi avait su réunir pour l’occasion tous les ingrédients du succès, tant dans le choix du livret et des chanteurs que dans l’élaboration de la partition.L’intrigue se situe en Orient. Pour mettre fin à une longue rivalité politique, Roxane, héritière du sultanat de Joghe, doit épouser Melindo, fils de Mamoud, sultan de Cambaja. Afin de ne pas compromettre la réussite du projet, Mamoud s’est décidé à révéler qu’une substitution fut opérée à leur naissance entre leurs deux fils, nés de la sultane Rustena et de sa favorite Damira. Melindo, qui passe pour l’héritier légitime, n’est en effet qu’un bâtard de la favorite, tandis que Selim est en réalité le fils de Rustena.

Joignant une bravoure virtuose à des détails élaborés, les cantates profanes de Vivaldi pour soprano et basse continue combinent les effets stimulants de la scène lyrique et la sophistication de la musique de chambre d’une manière unique. On peut à juste titre prétendre que le compositeur est allé aux limites de ce qui peut être représenté, tout en offrant une véritable amélioration et un plus à la cantate baroque italienne. Comme dans (presque) toutes ses autres œuvres, la trentaine de cantates profanes laissées par le Prêtre Roux évite l’écueil de la monotonie par la liberté rythmique et la générosité mélodique. Si Vivaldi n’ennuie jamais, c’est qu’il insuffle, par un sens aigu de la théâtralité, un élan dramatique qui ne laisse jamais indifférent.

Estelle Poscio, soprano
Née en Suisse, Estelle Poscio étudie la guitare puis le chant au Conservatoire cantonal du Valais à Sion. Admise en 2010 à la Haute école de Musique de Zürich, elle termine son Bachelor of Arts avec la meilleure mention avant d’y effectuer un Master. Elle fait ses débuts sur scène dans le rôle de Zerlina (Don Giovanni) à Sion, où elle interprète également par la suite celui de Morgana (Alcina).

En 2013, elle participe au Young Singers Project du Festival de Salzburg et chante dans une version de concert de l’opéra Der Schauspieldirektor  le rôle Madame Herz, sous la direction de Theodor Guschlbauer. Elle reçoit également la bourse de la Professeur Armin-Weltner-Stiftung. En 2014, Estelle Poscio intègre l’Opéra Studio de l’Opéra de Zürich où elle chante le rôle de la Kammerzofe dans l’opéra contemporain Die Gänsemagdd’Iris Ter Schiphorst, Madame Herz (Der Schauspieldirektor),Eurilla (Orlando Paladino)sous la direction de Gianluca Capuano, Delia (Il Viaggio a Reims), Coryphée (Le Comte Ory), la Erste Stimme der Ungeborenen (Die Frau ohne Schatten). Accompagnée par la Philharmonia Zürich, elle interprète le rôle de Marie dans un extrait de La Fille du Régiment sous la direction de Fabio Luisi, lors du concert final de l’Opéra Studio.Régulièrement invitée pour des récitals et des concerts, Estelle Poscio y chante notamment dans le Weihnachtsoratorium de Bach, les Vesperae di Dominica de Mozart, le Deutsches Requiem de Brahms, la Petite Messe Solennellede Rossini ou encore le Roi Davidd’Honegger.

En récital, elle interprète les Quattro liriche di Antonio Machado de Dallapiccola avec orchestre, le cycle de Lieder Requiem po Drugu de György Kurtàg à la Tonhalle de Zūrich, ainsi que les Trois Poèmes de Stéphane Mallarmé de Ravel à Lucerne.

Récemment,elle a chanté le rôle de China lors de la création mondiale de l’Opéra de Martin Matalon L’Ombre de Venceslao à l’Opéra de Rennes dans une mise en scène de Jorge Lavelli. Par la suite, elle a repris ce rôle à l’Opéra d’Avignon, lors d’une captation visuelle au Capitole de Toulouse, à l’Opéra de Marseille et à l’Opéra de Montpellier. Mentionnons également les Vêpres de saint Marc à Venise de Vivaldi en novembre 2018.

Ensemble 7 Sed Unum » (collectif baroque)
Récemment éclos dans le paysage musical valaisan, 7 Sed Unum est un ensemble baroque composé d’un noyau de sept musiciens jouant sur des instruments historiques.

Issus d’horizons divers, ses membres ont tous accompli leur parcours musical dans les Hautes Ecoles de Musique de Suisse. Ils partagent l’amour pour la musique de l’époque baroque, la volonté de recherche et de développement d’un répertoire encore souvent méconnu, l’envie de partager leur enthousiasme avec un auditoire de tous les âges et le désir de collaborer avec les différentes associations musicales déjà établi.