Mariana Flores soprano & Hopkinson Smith, luth2019-11-27T11:45:00+00:00

Mariana Flores soprano & Hopkinson Smith, luth

The Golden Age – El Siglo de Oro

13 septembre 2020

Musique de l’Age d’Or, pour voix et luth : période élisabéthaine (The Golden Age) et 17ème siècle espagnol (El Siglo de Oro)

Si Musique et douce Poésie s’accordent,
Comme elles le doivent, en sœurs qu’elles sont,
Alors un grand amour doit nous réunir vous et moi,
Puisque vous aimez l’une et moi l’autre.
Vous chérissez Dowland dont le divin toucher
Sur le luth sait ravir les sens.
Spenser, dont la profondeur de pensée
Dépasse toute pensée, n’a nul besoin de ma défense.
Comme il vous plaît d’entendre les accords mélodieux
Du luth de Phébus, prince de la musique.
Un profond délice me submerge
Lorsqu’il se met à chanter.
Un même dieu règne sur ces arts, si l’on en croit les poètes,
Un même chevalier les chérit, puisque tous deux demeurent en vous.

Richard Barnfield (1574-1627) – Poems in divers humours (1598)

Le luthiste sent que son instrument est véritablement au centre de l’univers des songs de Dowland.  Dès qu’on l’a en mains, quelque chose monte du tréfonds de l’instrument, qui, passant par les doigts, prend vie dans les cordes. La manière dont chaque note devient vivante touche l’auditeur dans un recoin de l’âme musicale qui est au centre de l’univers du luthiste. Lorsqu’il est combiné avec le texte et la pureté de la voix, le grand « petit mystère » Dowland – l’exquis compositeur de chansons – s’accomplit.

Dans ses œuvres les plus sombres, on se sent abandonné comme dans les profondeurs d’un puits à sec, loin de toute lumière, seul en compagnie d’ogres et de démons. Le compositeur touche aux limites extrêmes dans ses allusions textuelles, il ploie et tord les mains de l’interprète pour extraire l’insoutenable essence du texte.

A un autre moment, il fera surgir une sorte d’esprit fantasque, presque sauvage, irisé de toutes les couleurs de l’arc-en-ciel : le luth s’élève tout à coup vers des sommets inattendus de légèreté et d’éloquente folie.

La seconde partie du concert est dédiée à des pièces espagnoles du 17e siècle, avec accompagnement original pour la guitare, d’une poésie et d’un charme sans pareils : de poignantes élégies et lamentations y font écho à des chansons pleines de rythme, typiques de l’incomparable vitalité espagnole.

Notre idéal est que la voix soit entre les cordes du luth, et que le luth embrasse la voix. Il existe un très vaste répertoire pour voix et luth. Dans le meilleur des cas, c’est une formation idéale. Si la voix peut s’ajuster au volume sonore de l’instrument et si l’on arrive à coordonner les différentes articulations – l’appui à certains moments, la légèreté à d’autres –, nous avons un langage commun.

Notre rencontre à Bâle, et nos concerts en duo, nous ont servi de guide pour faire de la musique de chambre. Nous avons encore beaucoup de répertoires à explorer ensemble. Au 16ème siècle, les luthistes adaptaient volontiers la musique pour ensemble vocal pour une seule voix et luth. Le champ est donc vaste ! Ce sont des répertoires qui nous invitent à imaginer à notre façon ce qui nous semble être la manière dont cette musique a été conçue.

Mariana Flores et Hopkinson Smith