Œuvres de Dietrich Buxtehude et Philipp Heinrich Erlebach2019-12-06T15:43:24+00:00

Œuvres de Dietrich Buxtehude et Philipp Heinrich Erlebach

Zeichen im Himmel (Des signes dans le ciel)

9 octobre 2020

Zeichen im Himmel (Des signes dans le ciel)

La plupart des textes des airs de ce programme esquissent un être humain soumis à un destin imprévisible et changeant.
Pour la détresse et les peines du cœur, le poète inconnu choisit – à côté de phénomènes naturels tels qu’orages, nuages sombres et feuilles mortes – l’image des « comètes sanglantes ». En 1680 apparut en Europe la plus grande comète du 17ème siècle et deux ans plus tard celle dont la trajectoire et le retour périodique furent ensuite calculés par Edmond Halley.

Les êtres humains du 17ème siècle percevaient ces corps célestes comme des signes annonciateurs d’un malheur imminent, des fléaux de Dieu qu’ils observaient d’un œil anxieux. En revanche, selon les critères de l’église, il était considéré comme blasphématoire et immoral de se faire « une image de Dieu ou de ce qui se passe dans le ciel ». En raison de recherches scientifiques, un changement de mentalité intervint progressivement à la fin du siècle et les méthodes basées sur des preuves rationnelles permettant la prévisibilité mathématique du retour des comètes prirent de plus en plus la place de l’angoisse irrationnelle suscitée par les comètes.

C’est dans ce contexte de tension entre la superstition et l’observation scientifique naissante qu’il faut comprendre le tableau de van Wijnen, qui nous met devant les yeux la plus terrible tentation de Saint-Antoine : se « faire une image de ce qui est haut dans le ciel », ne serait-ce qu’en pensée. Dans le climat de l’époque, de telles chimères sont vouées à la damnation, de telles illusions doivent être détruites. Tout est vain, transitoire.

Nous rencontrons ici, comme dans les textes d’Erlebach, le motif typiquement baroque de la vanité, de la fin inévitable, du caractère passager de toute vie ici-bas, le concert de vanitas.

Philipp Heinrich Erlebach (1657-1714)

Nous ne savons pas grand-chose de la vie de ce musicien atypique et dont l’œuvre exceptionnel vient tout juste d’être redécouvert.

Actif dès 1679 et jusqu’à sa mort à la cour des futurs princes impériaux de Schwarzburg-Rudolstadt, capitale de la Thuringe, il ne quittera que rarement son lieu de travail, sauf pour de courtes visites dans d’autres cours de la région.

D’abord musicien et valet de chambre du comte, il occupera finalement dès 1681 la fonction de Capellmeister, ayant sous sa responsabilité l’organisation et les activités de la Hofkapelle (chanteurs et instrumentistes), l’éducation des petits chanteurs, l’entretien des instruments, et surtout la composition et l’exécution de musiques pour toutes les occasions et dans tous les genres. La sédentarité de sa vie ne l’empêchera toutefois pas d’être en contact avec les musiques italiennes et françaises, ainsi qu’avec les premiers opéras allemands

Malheureusement, en raison d’un incendie survenu en 1735, seule une petite partie de l’œuvre d’Erlebach nous est parvenue, très morcelée.